Discours de Monsieur le Président de la République

15 octobre 2009

Metz, le 15 octobre 2009

 

Monsieur le Maire : Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les Élus. Je salue en votre nom le Président de la République et lui passe la parole.

Le Président de la République :


Monsieur le Maire, Mesdames et Messieurs les élus, Messieurs les fonctionnaires municipaux,
Moi qui ai été si longtemps élu local, je sais ce qu’un élu doit aux fonctionnaires territoriaux, Monsieur le Préfet ...

Je voudrais d’abord vous demander de bien vouloir excuser ma présence et le côté un peu impromptu de ma visite. Je suis venu dans la Lorraine que vous aimez et que vous représentez la semaine dernière. C’était une journée bien dense qui m’a passionnée. J’étais heureux des rencontres réalisées, de ce que l’on m’a dit et des échanges que l’on a pu avoir. Et puis, j’ai vu qu’il y avait de la déception parce que je n’avais pas été à Gandrange qui est certainement un des lieux qui souffrent le plus et quand je dis Gandrange, c’est tout le bassin de villes, Florange, et puis la sidérurgie. Je cite un nom d’une ville emblématique de 1800 habitants mais derrière il y a des familles qui souffrent.

Et puis que Metz s’était sentie blessée par le fait que je ne serai pas venu et je me suis dit, il faut que l’on répare cet impair de ma part. J’avais beaucoup de plaisir à discuter avec votre maire, c’était toujours des échanges courtois, républicains. Il défend les intérêts de sa ville, c’est normal.
Il m’avait également fait part des inquiétudes pour votre département et pour cette ville puisque je connais l’importance de l’implantation militaire ici.
Donc, je suis venu vous annoncer que vous aurez en 2010 ou en 2011 (je ne sais encore tout à fait) un régiment supplémentaire.
Je ne sais pas à quel endroit de Metz il se trouvera. Il faudra que vous discutiez aussi avec l’agglo, enfin bon mais il y aura un régiment supplémentaire.

Je voulais revenir parce que je ne voulais pas vous blesser les uns les autres. Je connais l’attachement à votre région et à votre ville – ce qui est tout à votre honneur - mais en même temps pour revenir il fallait que j’ai des choses à vous dire.
Ensuite on a travaillé d’arrache pied la semaine dernière pour débloquer le dossier "Corus", vous savez ce sont des lignes de chemin de fer, des rails qui sont attribuées.
Ici, c’est 300 millions de chiffres d’affaires, 35 millions d’euros d’investissement, c’est très important pour la sidérurgie et puis le régiment qui est une discussion avec nos amis allemands.

Vous avez que, il fallait que j’avance - ce n'est pas très simple- le gouvernement n’est pas constitué et il y a beaucoup de difficultés mais c’est fait . Je ne peux pas vous dire quel régiment exactement, il faut que vous le compreniez, je l’ai dit en aparté au Maire. C’est parce que cela m’oblige à faire un peu de dominos. Attention, on ne retirera rien à quelqu’un. C’est une décision qu’on prend, un régiment supplémentaire mais pas forcément la brigade franco-allemande puisqu’on a un problème de proximité, d’autres villes sont plus proches.
Je dois trouver autre chose et c’est aujourd’hui arbitré.
Le Maire m’a remis et je lui en suis très reconnaissant, un beau livre de sa collection personnelle sur Metz, je vais le lire. Metz mérite d’être aimée et considérée et puis c’était en plus, vous vous rendez compte la chance, de visiter le musée Beaubourg, exceptionnel, exceptionnel ...

Paris c’est la capitale culturelle du monde entier mais Paris ne peut pas attirer tous les équipements culturels, tous les événements culturels et ces œuvres qui sommeillaient dans les archives de Beaubourg, elles seront bien mieux à être exposées dans votre musée qui est une merveille, qui est magnifique. Si jamais j’étais invité pour l’inaugurer évidemment (c’est fait dit M. le Maire) je viendrai bien volontiers.

Je dois rendre hommage à M. AILLAGON et à M. RAUSCH – absolument, dit Monsieur le Maire - qui ont vraiment travaillé très intelligemment et l’architecture est absolument magnifique. J’ai vu tant d’entreprises lorraines et les ouvriers peuvent être fiers du travail exceptionnel qu’ils ont fait et par un temps pareil, franchement c’est une bien belle journée.

J’espère que vous avez compris que j’étais très heureux d’être avec vous. La semaine prochaine, ce n’est pas sûr que je revienne.
Parce que je dois aller ailleurs et j’imagine déjà la polémique, d’aller deux fois en deux semaines dans la même région, je ne suis pas candidat … et j’aime autant les autres régions !

Merci en tout cas de m’avoir accueilli de cette façon républicaine en quelque sorte, on peut le dire.

Vous savez, pour bien comprendre que quand les femmes et les hommes politiques sont dignes, c’est à dire quand ils se donnent la peine de se respecter, de travailler ensemble, dans le respect de leurs différences, il gagnent la considération de nos concitoyens.
Croyez moi jamais personnes, ne reprochera à des femmes et des hommes de droite de parler à des femmes et des hommes de gauche, au contraire c’est la même chose.
Et je disais tout à l’heure aux élus à Gandrange, ne vous trompez pas si nous échouons, nous serons tous responsables, et la désespérance ne s’exprimera pas par la violence à l’endroit d’une personne mais de tous.

Cela ne veut pas dire qu’il y a des accords secrets, ça ne veut pas dire que qui que ce soit renonce à ses idées, à ses convictions, ça veut dire que la région, la ville a besoin de l’Etat et que l’Etat a besoin de la ville et de la région.
Il y a le temps des élections, il y a le temps du travail. Notre devoir de Français, c’est de travailler ensemble. Je ne veux gêner personne mais je tiens à le dire : quand on est président d’un grand pays comme le nôtre, pays de passions, il faut vraiment avoir cela bien en tête parce que l’on a besoin les uns des autres.

Merci à tous.

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