Une découverte surprenante sur le chantier de l'Eglise Saint-Martin

19 janvier 2011

Photographie ancienne non datée prise avant le rehaussement du clocher © Bibliothèques-Médiathèques de Metz
Photo de l'église St Martin aujourd'hui ©  Christian LegayPhoto de la boîte en plomb contenant le manuscrit et les photos de certains généreux donateursPhoto du révérend Guerlach, enfant de la paroisse St-Martin, missionnaire en Cochinchine depuis 1883
Photo de Mme Leiner, fondatrice avec son mari des écoles de la rue des AugustinsPhoto de M. Leiner, fondateur des écoles de la rue des AugustinsPhoto de M. l'Abbé Hilaire Kiffer, nouveau curé de St-Martin le 1er février 1876

Partiellement élevée sur les murailles gallo-romaines du IIIème siècle, dont les vestiges sont encore visibles à droite du portail, l'église St Martin est antérieure au XIIIème siècle. Elle est classée Monument Historique en totalité depuis le 13 mars 1925.

La destruction en février 1565 du clocher, alors que celui-ci fut construit en 1514, fut entreprise pour des raisons militaires lors de la construction de la citadelle à partir de 1565 par le maréchal de Vieilleville. En effet, le clocher dépassait l'ouvrage militaire de plusieurs mètres et offrait des vue sur celui-ci. Cet édifice recouvrait l'espace actuel de la place de la République, de l'Esplanade, de l'Arsenal, du Magasin aux Vivres et du Palais du Gouverneur. Son édification entraîna la destruction de 250 maisons, de deux abbayes, de plusieurs monastères et églises.

Durant l'annexion, l'abbé Hilaire Kiffer, curé de la paroisse depuis 1876, décida de rehausser le clocher. En effet, les cloches étaient sonnées à l'intérieur de l'église ce qui gênaient les offices. Le conseil municipal émit un avis favorable à sa reconstruction en 1882. Après étude de plusieurs esquisses de style néo-roman, le clocher néo-gothique de Conrad Wahn, Architecte municipal, fut retenu en 1884. Les travaux s'achevèrent en 1887 modifiant radicalement l'aspect de l'église et son impact visuel dans le secteur.

La construction de la flèche fait partie des nombreux exemples de restaurations du XIXème siècle employant une charpente et une couverture métalliques. Ces dernières présentaient aux yeux de leurs contemporains l'avantage d'être incombustibles. Ces expérimentations vont de paire avec l'évolution des procédés de fabrication et de mise en œuvre du fer, puis de l'acier. Le clocher est orné des statues, réalisées en 1887, des quatre évangélistes placés dans des niches à baldaquins. Elles sont l'œuvre du sculpteur Auguste Dujardin. Saint Matthieu et saint Marc sont placés au nord, saint Luc et saint Jean au sud.

Les restaurations récentes ont porté sur les extérieurs de l'église, sur la stabilité de l'édifice et sur la restauration des sacristies. L'état sanitaire et esthétique peu satisfaisant du clocher a entraîné le démarrage de travaux en 2010. La restauration en cours porte sur les maçonneries, les vitraux, les menuiseries et la charpente, mais également sur la statuaire et l'horlogerie. Elle devrait s'achever fin 2012.

La restauration des couvertures constitue l'objectif premier de cette restauration. Une partie importante avait été restaurée entre 1991 et 1994. Les interventions actuelles portent sur la couverture nord de l'avant nef, la couverture de la flèche et de la tourelle d'escalier. La mise en œuvre d'une couverture en feuille en cuivre naturel brun rouge changera profondément l'aspect du clocher qui est actuellement recouvert de cuivre vert.

En octobre dernier, l'entreprise Le Bras a effectué une découverte étonnante. L'équipe en charge du lot charpente a mis au jour une boîte en plomb contenant un manuscrit, faisant état des donations ayant été réalisées pour la précédente campagne de travaux sur le clocher, en 1886, et le montant relatif à chaque donateur (en mark). La boîte contient également des photos de certains généreux donateurs.

Un passage de la lettre fait part d'une autre boite semblable contenant d'autres éléments, elle serait disposée à l'angle septentrional du clocher. Elle n'a, pour l'instant, pas été trouvée.

Transcription du parchemin écrit à l'occasion des travaux de reconstruction du clocher de l'Eglise Saint-Martin, démarrés le 5 Juillet 1886 et achevés le 2 septembre 1887

Mille actions de grâce à la Divine Bonté qui nous a accordé la faveur d'achever la tour sans accident de personne nonobstant l'imprudence, il faut dire, même la ténacité des ouvriers. C'est aux prières qui ont été faites qu'est due cette grâce précieuse. (signé M. l'Abbé Hilaire KIFFER)
Les travaux de reconstruction, sur la partie non démolie en 1644, du clocher de Saint-Martin, ont été commencés le 5 Juillet 1886 et furent arrêtés pour l'hiver, et protégés par une couverture provisoire au niveau du faitage de l'église. Repris en avril, ils sont achevés heureusement et le monument a été, à la date d'aujourd'hui, 2 septembre 1887, couronné par l'instrument sacré de la Rédemption du Monde. La boîte en plomb renfermant ces lignes a été, aujourd'hui même, déposée sur la boule de cuivre surmontée de ladite croix. Une boîte pareille soudée a été placée, au mois d'août dernier, dans la pierre de taille à l'angle septentrional du cardan qui rétrécit de 90 centimètres l'épaisseur du mur inférieur. Elle contient, avec d'autres objets et renseignements, le texte latin dont la copie a été reproduite au verso du présent parchemin. A ces renseignements, il n'y a rien à joindre sinon que la charpente en fer forgé de la flèche est l'œuvre de la Maison Munier Frères dont l'usine est située à Devant-les-Ponts sur la route de Woippy.

Pour couvrir la dépense,

L'Etat d'Alsace-Lorraine a donné

10000 mark

Le Conseil Municipal de Metz (1er vote)

25000

Le Curé au nom de ses paroissiens

10000

Le Conseil Municipal (2e vote pour la couverture)

2600

Le Curé a donné un supplément pour la couverture

800

Le Conseil Municipal pour l'horloge

1200

Le Curé pour la moitié de l'horloge

1200

Le Curé enfin pour la dorure de la couronne de la boule, des crochets de la flèche

800

Total

51 600 soit 64 500 francs


Nomenclature des plus généreux souscripteurs au profit de l'œuvre du clocher à l'appel de M. le Curé de la
Paroisse de Saint-Martin

1

Le Vicomte et la Vicomtesse de Curel née de Wendel (rue d'Asfeld)

1250

2

Melle MOTTE, demeurant rue de l'Evêché 91

1000

3

Mme la Baronne de Salis, Veuve retirée à Beaumarais

625

4

M. le Baron du Coëtlosquet (Maurice fils)

500

5

Mme la Baronne de l'Espei (en mémoire de la grand-mère Mme De Wendel)

500

6

M. le Comte d'Hunotstein, rue des Parmentiers 21

375

7

M. et Mme LIEUGAUT, rue des Augustins

250

8

Monseigneur FLECK, Evêque de Metz

200

9

M. Eugène GRAFF, Conseiller Fabricien de St Martin

200

10

M. Aimé CUNY, Trésorier de Saint-Martin

400

11

Mme Veuve SCHOUMACHER, avenue Serpenoise 9

125

12

Mme De LIABE, Veuve,

125

13

Melle Irma MARCUS,

200

14

Mme Veuve Alphonse De TURGY, rue de l'Esplanade

125

15

Melle REGNIER, place Mazelle, amie du curée

825

16

Mme Albin GEISLER, avenue Serpenoise

125

17

Mme Victor DURAND, rue de l'Evêché 28

100

18

M. Anatole DURAND DE DISTROFF, rue de l'Evêché 28

125

19

Mme la Comtesse de DINIECY

125

20

M. et Mme Charles DE MARIN

125

21

Mme la Baronne De TOCHUVY

100

22

M. Remy JACQUEMIN, Architecte

100

23

Melle BURTIN-MONCEL, rue du Grand Cerf

100

24

Mme Th. PONCELET, veuve,

200

25

Mme Félicien DE DAULEY, (pour elle et son mari malade de la rue Châtillon)

200

26

Mr le Comte du Coëtlosquet (Léon, rue du Grand Cerf 9)

100

27

Mr le Comte Fernand de GRUISONAS, avenue Serpenoise

100

28

MM. COLIN, BOURG, WEBANCK et WACK, ancien vicaire de Saint-Martin

100


Pour l'horloge :

Mme Veuve SCHOUMACKER, trésorière des Dames de Charité de la paroisse

500

M. le Curé

500

Mme Albin GEISLER

125

Mr et Mme CUNY

50

Mme MOTTE

125

Il reste à trouver

150

Total

1500

Le Conseil Municipal ayant voté l'autre moitié

1500

Total prix de l'horloge

3000


Nota : A la date de ce jour, il reste à souscrire pour la contribution paroissiale du clocher 2 900 francs à la responsabilité de M. le Curé qui paiera au défaut les offrandes de ses paroissiens.

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