Sortie de l'ouvrage "La Place d'Armes de Metz. Un chef-d'œuvre de l'Architecte de Louis XV Jacques-François Blondel"

27 octobre 2011

Couverture de l'ouvrage d'Aurélien Davrius

Le quartier historique de la cathédrale à Metz, tel que nous le connaissons, fut construit pour l’essentiel au milieu du XVIIe siècle à l’occasion d’importants travaux d’urbanisme et de l’agrandissement de l’ancienne place d’Armes. Ces embellissements s’inscrivaient dans la volonté de la monarchie de moderniser et aérer ses villes, caractéristique du siècle des Lumières. A Metz, ils répondaient en outre à des exigences logistiques liées à la situation géographique et au rôle militaire de cette cité forteresse sur le flanc nord-est du royaume. Le caractère de cette nouvelle place d’Armes symbolise la ville encore aujourd’hui.

Un homme d’État cultivé, le maréchal de Belle-Isle, gouverneur de Metz, est l’initiateur de ce projet. Son successeur le maréchal d’Estrées, autre grand seigneur, dut se charger de le réaliser, aidé par l’expertise de l’ingénieur municipal Gardeur-Lebrun. Les travaux trainèrent pendant six ans, jusqu’à ce que par hasard, un architecte parisien, plus connu alors pour ses écrits que pour ses réalisations, vînt à Metz. Il prit la responsabilité de reconstruire l’ensemble du quartier de la cathédrale. Jacques-François Blondel, collaborateur de L’Encyclopédie, académicien en 1755, professeur à l’Académie royale d’architecture en 1762, avait été commissionné en 1761 par la famille Choiseul pour établir les plans de l’abbaye royale Saint-Louis à Metz. Une fois dans cette ville, il ne put que constater l’état de désolation d’un chantier inachevé. Chargé de la reconstruction d’un nouvel hôtel de ville, d’un nouvel évêché et d’un nouveau parlement, Blondel allait pouvoir proposer un plan d’ensemble cohérent et homogène pour le quartier de la cathédrale, et appliquer dans la pierre ce qu’il enseignait tous les jours à ses élèves : le « bon goût en architecture ». Ce grand représentant de l’architecture classique à la française, à la fois critique de l’excès rocaille et de l’excès néoclassique, allait appliquer à la conception de la place d’Armes un « style mâle », comme le caractère de convenance l’exige pour une ville militaire comme Metz.

Inachevé au XVIIIe siècle, mutilé au suivant, il ne reste aujourd’hui du puissant ensemble blondélien projeté pour Metz qu’un fragment admirable. Pourtant, des documents d’archives nombreux et précis nous en retracent l’histoire, et nous permettent d’imaginer ce qu’a pu être, et ce qu’aurait pu être, l’une des dernières créations dans ce genre du siècle des Lumières.

L'auteur

Né à Metz en 1980, Aurélien Davrius est historien de l’art et de l’architecture. Après avoir étudié à Nancy II et à Rome (Università degli studi « La Sapienza »), il prépare actuellement un doctorat d’Histoire de l’Art et de l’architecture à l’École pratique des hautes études de Paris (Sorbonne), sous la direction de Sabine Frommel, sur une étude consacrée à la biographie et à l’œuvre théorique et pratique de l’architecte de la place d’Armes de Metz, Jacques-François Blondel.
Auteur de différents articles sur l’enseignement et les théories architecturales (XVIIe - XVIIIe siècles), il a reçu en 2009 le prix de la fondation « Simone et Cino del Duca » de l’Institut de France.

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