Retour sur la commémoration de l'abolition de l'esclavage

11 mai 2012

Le 10 mai dernier, enfants et seniors ont commémorer ensemble, à la résidence Désiremont de Bellecroix, l'abolition de l'esclavage.

Patrice Nzihou, adjoint au Maire des quartiers de Metz Borny et Bellecroix a tenu à rappeler que « le 10 mai est désormais la date officielle de commémoration de cette traite qui a déshonoré la France ».
À Metz, la Municipalité a souhaité, depuis déjà plusieurs années, s'associer officiellement à cette commémoration.
Cette année, elle a voulu lui donner une dimension intergénérationnelle en sensibilisant les seniors et les plus jeunes.

Ateliers et concours

Les élèves des écoles élémentaires de Bellecroix I, Jean Monnet et les enfants de maternelle fréquentant le restaurant scolaire des Isles ont suivi des ateliers menés par Lydiane Karman en partenariat avec le pôle éducation de la Ville. Cette jeune auteure et illustratrice a eu l'idée de créer des machines avec du matériel de récupération : « J'ai proposé aux enfants de CM1 et CM2 la création de machines pour retrouver la mémoire. Elles comportent une photo ou une illustration et sont faites de boîtes. Je leur ai demandé également d'expliquer leur démarche ».
D'autres enfants ont aussi fabriqué des silhouettes, toujours en rapport avec le thème de l'esclavage. Chacun a ensuite rédigé un texte expliquant la vie de ces personnages.
Les élèves de maternelle ont, quant à eux, travaillé à partir de « paper toys » afin de créer des « oiseaux de la liberté ». Cette atelier abordait la notion de liberté par une création aérienne, composée d'oiseaux porteurs de messages.
L'illustratrice a trouvé les enfants « très investis et concernés par ce thème » : « J'étais très surprise de leurs supers productions ! ».

Ces dernières semaines, les pensionnaires des résidences Haute-Seille, Grandmaison et Saint-Nicolas, ainsi que la maison de retraite Hospitalor les Cèdres se sont également investis en participant à un concours sur la thématique de la commémoration de l'esclavage. Le jury s'est réuni le 3 mai dernier afin de désigner les lauréats. Cette journée était l'occasion de les récompenser.

Le prix du jury a été remis à Mme Schmitt (Les Cèdres).
« La première idée que l'on a de l'esclavage, ce sont les champs de coton, les travailleurs qui pensent au temps qui passe. C'est ce que j'ai voulu exprimer. J'ai aimé travailler sur ce projet, j'y pensais tellement que cela m'a empêchait de dormir une nuit. Je ne m'attendais pas du tout à gagner, je suis très heureuse ! »

Le prix de l'originalité est une œuvre collective et a été décerné à Pierrette Foinont, Maria Vasquez et Bernadette Barinka (résidence Grandmaison).
Ce « trio infernal », comme aiment les appeler leurs amis, a été très étonné de gagner ce prix. « Nous sommes heureuses d'avoir participer, nous aimons nous investir ensemble dans les projets proposés ». Pierette et ses deux amies ont rédigé un texte et peint un galet rapporté de Menton par celle-ci. Pierette aime la poésie : « Les mots sur ce sujet me sont venus assez vite, il fallait juste les mettre dans l'ordre ».

Le prix « coup de coeur » du jury est également une œuvre collective et a été attribué à Liliane Birkel et Lucette Moinel (résidence Saint-Nicolas).
Dès que le thème du concours leur a été proposé, elles ont recherché des livres sur l'esclavage à la médiathèque et sont renseignées sur Internet. « Nous avons choisi une image qui nous parlait et avons décidé de l'imprimer et Lucette a rédigé le texte. Nous sommes très surprises d'avoir gagné. Cela est très agréable et nous sommes contentes d'être venues.».

M. le Maire, Dominique Gros et le Préfet de la Région Lorraine, Christian Galliard de Lavernée, ont ensuite remis le prix « Spécial CCAS » à l'oeuvre collective d'Henri Druost, Liliane Bezard et Paul Tran Van Tuat de la résidence Haute-Seille. Paul Tran Van Tuat est un artiste peintre qui a déjà exposé ses œuvres et a été formé à l'école des Baux-Arts d'Aix-en-Provence et vit à Metz depuis 1975. L'oeuvre représente un homme de l'armée française de Napoléon III et une femme du village qui essaie de protéger les enfants. Henri Druost a été très étonné d'avoir gagné : « Je ne m'attendais pas à remporter un prix. J'avais fait un dessin mais cela ne m'a pas plu. J'ai alors décidé de partager mes idées et mes représentations de l'esclavage, ainsi que mes recherches sur l'ordinateur ».
 
Le Maire a tenu a rappelé aux enfants l'histoire de l'abolition de l'esclavage et leur a expliqué qu'il n'y pas si longtemps « au siècle des Lumières, on vendait encore des êtres humains » et leur a demandé de se souvenir du nom de Victor Schœlcher, homme qui a oeuvré pour l'abolition définitive de l'esclavage en 1848. « C'est un événement très important. Malheureusement, aujourd'hui encore, l'esclavage existe dans le monde ».

Pour M. le Préfet « le 10 mai est une date officielle de commémoration ». Il a tenu à saluer l'initiative originale et pleine de sens menée par les différents services de la Ville pour cette occasion et a souligné la présence des plus jeunes « venus apportés un peu de gaité et de sourire aux personnes plus âgées. La vraie vie est une société où tout le monde se rencontre ».

Cette après-midi a permis aux seniors et aux plus jeunes d'être réunis et d'échanger sur un sujet cher à chacun.

Le soir-même plus d'une centaine de personnes étaient présentes au cinéma le Caméo à la projection du film « Eden à l'Ouest » de Costa-Gavras. Ce film raconte l'histoire d'Elias qui décide de quitter son pays méditerranéen pour vivre en France et va se heurter à la peur de l'étranger et aux préjugés.

Vendredi 18 mai, un dîner dansant est organisé à la salle du Bon Pasteur à Borny. Au menu : spécialités afro-antillaises. Renseignements et réservations :
06.61.16.86.16.

Cette série de temps forts est portée conjointement par la Municipalité, le CCAS, Hospitalor « Les Cèdres »  et l'association « Intemporelle ».

Thèmes