Colocations solidaires étudiantes : Un logement, un engagement

17 octobre 2012

Pour la rentrée universitaire 2012, Dominique Gros, Maire de Metz et Hacène Lekadir, Conseiller municipal délégué à la Vie Etudiante, ont lancé les colocations solidaires à Metz, ce mardi 16 octobre 2012, 3 rue Théodore de Gargan, en collaboration avec l'AFEV (Association de la Fondation Étudiante pour la Ville).

Une rencontre qui s'est tenue au cœur d'un appartement, en présence des premiers étudiants engagés dans le dispositif.

Créer un lien entre deux jeunesses, qui ne se rencontrent pas ou peu

Depuis 2008, la Ville de Metz s'est attachée à développer des actions auprès de la population étudiante avec l'ambition de « mettre les étudiants au cœur de la ville ».

Cette participation à la vie de la cité doit également se traduire au travers d'un engagement solidaire en direction des populations les plus fragilisées. L'implication des jeunes étudiants dans des actions citoyennes de proximité est un élément très fort pour le renforcement du tissu social, en même temps qu'il leur offre l'occasion de développer de nouvelles relations, de nouvelles compétences.

La Ville de Metz souhaite créer un lien entre deux jeunesses qui ne se rencontrent pas ou peu, entre les enfants des quartiers populaires en difficulté scolaire et les étudiants, quant à eux, plutôt en voie de réussite dans leur parcours. Elle a choisi de s'appuyer sur l'expertise et le savoir-faire de l'Association de la Fondation étudiante pour la Ville (AFEV).

Ainsi la Ville de Metz a travaillé avec l'AFEV pour la mise en place de colocations étudiantes à projets solidaires ; le projet KAPS « Koloc A Projets Solidaires » dans le quartier de la Patrotte. L'objectif est de développer des colocations d'étudiants dans des quartiers populaires et de les accompagner dans le montage de projets citoyens construits avec les habitants.

La colocation solidaire étudiante est le premier axe du projet développé en partenariat avec l'AFEV qui proposera également à d'autres étudiants de s'engager en consacrant deux heures par semaine à accompagner des jeunes en difficulté scolaire.

Photo de l'immeuble, 3 rue Théodore de GarganPhoto de l'immeuble, 3 rue Théodore de Gargan


Photo d'Hacène Lekadir, Conseiller délégué à la vie étudianteHacène Lekadir, Conseiller délégué à la vie étudiante confirme « après un engagement fort de la Ville sur les questions d'animations et de soutien aux associations étudiantes, nous souhaitons mettre en avant l'aspect citoyen et social des étudiants à travers les Kaps. L'objectif est d'intégrer encore plus les étudiants dans la ville, dans les quartiers, en lien avec les habitants et les acteurs sociaux de ces quartiers. Le choix de la Patrotte ne s'est pas fait par hasard. Cela entre dans l'action globale que porte la Municipalité en direction de Metz Nord (médiathèque-centre social, rénovation du quartier, METTIS). Avec des étudiants habitant le quartier, nous souhaitons aussi donner l'image d'un quartier qui bouge et qui s'ouvre sur la ville. L'immersion est totale, les jeunes sont investis pleinement dans la vie locale. »

Un logement...

Photo de l'intérieur d'un appartementEn partenariat avec Metz Habitat Territoire, ce sont donc trois appartements de 70 m², situés 3 rue Théodore de Gargan qui ont été spécialement aménagés avec l'aide Alinéa pour accueillir neuf étudiants qui vont vivre dans le quartier dans une démarche d'engagement citoyen.

A ce jour, cinq étudiants viennent de s'installer dans deux appartements situés au 8ème étage. 4 autres sont en cours de « recrutement » par l'AFEV et la Ville, l'objectif étant d'organiser au total 3 colocations avec neuf étudiants.

Ce concept, importé de Belgique, est simple : faire coïncider le besoin de logement des étudiants et leur volonté de participer à la vie citoyenne sur un territoire donné.

En pratique, à chaque colocation correspond un projet solidaire, qui peut concerner des domaines variés : éducation, santé, insertion, développement durable,… Les appartements sont réservés aux jeunes de moins de 30 ans.

Le projet a reçu les soutiens techniques et / ou financiers de la Ville de Metz, de Metz Habitat Territoire et du Conseil Régional de Lorraine.

...un engagement

Côté projets solidaires, des pistes se dessinent : « les étudiants déjà installés ont plutôt envie de développer des actions dans les domaines du développement durable, comme par exemple des jardins partagés, et de la culture, avec la création de nouvelles animations. Mais les projets seront construits avec les habitants du quartier au cours d'un diagnostic partagé », explique Alexandre Simon, chargé de développement local à l'AFEV. Les associations locales seront également des interlocuteurs privilégiés pour affiner les projets.

Quels que soient les projets développés, ils bénéficieront à la fois aux habitants, aux étudiants qui pourront valoriser cette expérience, et à la Ville qui souhaite renforcer l'image d'un quartier qui bouge et qui s'ouvre sur la ville.

En plus du projet citoyen collectif, chaque jeune de la colocation s'engage à consacrer 2 heures par semaine au suivi individuel d'un jeune du quartier.

au 507

Photo d'étudiantes engagées dans le dispositifDeux jeunes filles très motivées occupent le premier appartement le numéro 507, il s'agit de Noëlle Khelifi, âgée de 21 ans, elle est originaire de Yutz. Cette étudiante en L1 AES (Administration, économie et social) est en service civique à l'AFEV. Sa colocataire, Gwendoline Cuny a 18 ans, elle vient de Longuyon et entre en L1 pour suivre des études de sciences économiques

au 509

Dans le deuxième appartement, on retrouve Chourouk Dridi, 22 ans, elle arrive de Rades en Tunisie et entre en M2 Management de la qualité. Son colocataire est Emile Himdi. Agé de 24 ans, il arrive de Fléac en Charente, vient de terminer son Master 2 communication. Il est en service civique à l'AFEV. Troisième colocataire au 509, Frédéric Dubois, 25 ans, arrive de Saint-Pierre-la-Garenne dans le Doubs, il termine un cycle d'ingénieur et sera en stage post-études pour 1 an à mi/temps.

Ce qu'ils en disent

Ces jeunes sont très motivés. Ils ont déjà de nombreuses idées, nées d'un diagnostic partagé avec les habitants, les associations et le Comité de Quartier de la Patrotte. Ils ont réfléchi à la mise en place d'un jardin partagé ou encore à la création de nouvelles animations.

Témoignage d'Emile Himdi (appartement 509)

Le projet : « En recherche d'emploi, je me suis engagé comme volontaire à l'AFEV en service civique, pour bénéficier d'une première expérience professionnelle. Comme j'avais également besoin de me loger, la logique des Kaps Koloc est pour moi intéressante et complémentaire. J'ai découvert le projet de colocation solidaire sur le site Internet du Service civique. Cette démarche m'a conduit à rencontrer le responsable local de l'AFEV. »

L'engagement : « Cet engagement est pour moi un tremplin pour développer mes compétences au sein d'une association libre de faire beaucoup de choses. De plus, ce type d'actions d'engagement permettra de valoriser mon curriculum vitae auprès d'un futur employeur. »

Les missions : « Je suis chargé de la mobilisation des étudiants et je participe à la stratégie de communication de l'AFEV. En tant que Community Manager, je développe le site Internet et les réseaux sociaux. Je crée les supports de communication et de présentation de l'AFEV. Enfin, je gère les relations publiques avec les partenaires. En retour, je souhaite acquérir une expérience en tant que communiquant et professionnel de terrain. »

La colocation : « Cette expérience de colocation est enrichissante pour moi qui n'en ai pas fait beaucoup. Je découvre depuis un mois le partage, l'entraide, la solidarité et des valeurs riches. »

Le quartier : « En arrivant à la Patrotte, je ne savais pas trop à quoi m'attendre ; mais en y vivant depuis un mois, je trouve que c'est un quartier calme, il y a beaucoup de choses à faire et beaucoup de services dont une bibliothèque juste en bas. Tout est sur place. Les gens sont plutôt très agréables. »

Témoignage de Frédéric Dubois (appartement 509)

Le projet : « J'ai eu connaissance du projet par la recherche d'une colocation. C'est pour moi très intéressant car ayant déjà eu une expérience en tant que responsable d'un pôle culturel au niveau étudiant, je vais pouvoir développer un projet de vie de quartier à travers des activités culturelles, tout en résolvant mon problème de logement. »

L'engagement : « Je me suis engagé parce qu'on ne peut pas demander à la Ville ou au Gouvernement de développer tout ce que l'on voudrait. Ce projet donne la possibilité de réaliser ce qui manque. »

Les missions : « Mes missions ne sont pas encore définies. Pour l'instant, nous travaillons à la mise en place, à la structuration, au recrutement et à l'emménagement. »

La colocation : « J'attends de réaliser une colocation qui se passe bien en échanges humains, partage, vie en communauté. Sur le développement de mon projet culturel, je souhaite par ce biais contribuer au développement du quartier, faire sortir les jeunes de chez eux, stimuler la créativité des personnes qui habitent le quartier. L'expérience de colocation est enrichissante en termes d'échanges culturels, d'adaptation aux tempéraments, de vie en communauté, ce qui pourra être pas mal pour une future vie de couple. »

Le quartier : « Je trouve le quartier de La Patrotte tout neuf grâce à l'effort fait par la Ville sur la rénovation du quartier d'un point de vue visuel. Si on écoute la télévision, c'est un quartier / cité mais je trouve qu'il n'y a pas trop d'insécurité. Le quartier est peu actif, les gens restent beaucoup chez eux. Il y a beaucoup de propositions par les associations théâtrales, la bibliothèque, et de bons services, mais l'accès aux informations n'est pas très clair, on s'y perd un peu, ce n'est pas évident. »

Témoignage de Chourouk Dridi (appartement 509)

Le projet : « J'ai trouvé une annonce dans un site concernant le projet puis j'ai fait une recherche pour comprendre de quoi il s'agissait exactement. »

L'engagement : « Je me suis engagée parce que j'aimerais bien aider des jeunes ou des enfants à s'intégrer dans la société et à se sentir normaux par rapport aux autres et aussi parce que la vie en colocation répond à mes besoins. »

Les missions : « J'ai un projet à réaliser dans le quartier durant toute l'année et je dois aussi faire un accompagnement individuel d'un jeune pendant deux heures chaque semaine. Je souhaite aboutir aux objectifs que je me suis fixés avant de venir à Metz. »

La colocation : « Une expérience enrichissante qui permet d'apprendre comment vivre en groupe et de connaitre d'autres cultures différentes. »

Témoignage de Gwendoline Cuny (appartement 507)

Le projet : « J'ai une connaissance du projet un peu par hasard, n'ayant pas eu de logement avec le Crous j'ai eu beaucoup de difficulté à trouver un studio dans mes moyens, alors je me suis tournée vers la colocation. J'aurai voulu pouvoir louer une chambre chez une personne âgée et lui rendre service en échange mais je n'ai pas trouvé d'association sur Metz qui permettait ce genre d'échange. J'ai alors cherché une colocation plus banale entre étudiants et c'est là que j'ai vu l'annonce du KAPS sur appartager.com, j'ai tout de suite adhéré à l'idée de ce projet. »

L'engagement : « Je m'engage pour la simple et bonne raison que j'aime que mon temps libre soit utilisé à bon escient et quoi de mieux que de s'engager dans une association comme l'AFEV qui cherche à lutter contre les inégalités ? De plus j'ai un bon contact avec les enfants alors j'aime aussi beaucoup l'idée de l'accompagnement. Pouvoir aider un jeune en difficulté scolaire, l'aider sur son orientation. Le système de l'Education Nationale est vraiment à revoir en France et je trouve ça vraiment bien qu'il y ait une association qui puisse parer un peu aux failles du système en accompagnant des jeunes en difficultés. »

Les missions : « J'ai justement une réunion avec l'association pour mieux connaitre mes futures missions, ce lundi. Je n'ai pas d'attente particulière, j'aimerai juste voir le projet que nous allons monter se réaliser et qu'il profite à tout le quartier. »

La colocation : « Et bien ça ne fait qu'un mois que je vis en colocation, donc je ne peux pas encore dire si cette expérience est enrichissante. Ce qui est sûr c'est que cela m'a permis de rencontrer des gens différents et vraiment géniaux qui partagent les même valeurs que moi (ou presque). »

Le quartier : « J'ai pu rencontrer un petit peu les gens du quartier lors de la fête qui a été organisée le 29 septembre et mon avis actuel est que ce quartier est victime de clichés. Lorsque je dis à des gens que je vis à la Patrotte, ils me demandent si je me sens en sécurité là-bas, car ils voient ce quartier comme une cité à problème. Ce n'est pas mon avis les enfants sont très avenants, gentils et polis. Après il est vrai que je n'ai pas eu trop l'occasion de discuter avec beaucoup d'adultes, quelques personnes âgées, elles aussi, très gentilles. J'espère pouvoir leur apporter quelque chose cette année. »

L'AFEV - Association de la fondation étudiante pour la ville

Créée en 1992, l'AFEV (Association de la fondation étudiante pour la Ville) est née de l'envie de lutter contre les inégalités dans les quartiers populaires, et de créer un lien entre deux jeunesses qui ne se rencontraient pas ou peu : les enfants et jeunes en difficulté scolaire ou sociale, et les étudiants.
L'action de l'AFEV a évolué au fil des années pour se concentrer aujourd'hui sur l'accompagnement individualisé, un projet qui réunit un étudiant et un enfant, dans une approche d'éducation non formelle. Les bénévoles de l'AFEV peuvent aussi s'investir dans des projets collectifs promouvant essentiellement les notions de citoyenneté et de solidarité.

Affiche de l'opérationL'intervention de ces étudiants bénévoles vise à réduire les fractures (sociales, spatiales, numérique, civique…) qui traversent notre société et touchent d'abord les enfants et les jeunes des quartiers populaires.

Avec 7 000 étudiants agissant auprès de 7 000 enfants (chiffres 2012), l'AFEV est aujourd'hui le premier réseau national d'intervention d'étudiants solidaires. Depuis 20 ans, l'association a permis à 124 000 enfants et jeunes d'être accompagnés dans leur parcours scolaire, grâce à l'intervention de 124 000 bénévoles.
 
Agissant en complément de l'école publique, aux côtés des enseignants et des chefs d'établissement qui repèrent les enfants et les jeunes en besoin d'accompagnement, l'AFEV a également développé des partenariats toujours plus étroits avec les établissements d'enseignement supérieur et les collectivités territoriales. Plus de 124 villes sont aujourd'hui associées au projet de solidarité de l'AFEV, et une cinquantaine d'universités reconnaissent désormais la valeur de l'engagement des étudiants bénévoles via l'attribution de crédits ECTS.
 
Ces soutiens permettent à l'AFEV de diffuser de plus en plus largement son double combat pour une société plus solidaire, notamment via l'organisation des Fêtes des solidarités locales, et pour une réelle égalité des droits éducatifs et de la diffusion du savoir, visible dans la Journée du refus de l'échec scolaire.

Service civique

L'AFEV Metz a recruté quatre volontaires en service civique, voici leurs missions individuelles :

Marilou Mercier

Noëlle Kelhifi

Fadoua Zarfour

Emile Himdi

Avec en plus des missions communes à tous

Pour les accompagnements individuels 30 étudiants ont déjà été recruté par l'AFEV Metz.

Spot vidéo national de l'AFEV

Contact

AFEV antenne de Metz
43 rue Taison 57000 Metz
Tél. : 03 87 35 65 49
Personne à contacter :
Alexandre SIMON, Chargé de développement local
alexandre.simon@afev.org
Tél. : 06 29 34 11 03
www.kolocsolidaire.org

L'installation de l'AFEV à Metz permet à la Ville d'assurer la mise en place et le suivi des projets communs mais également de renforcer et d'amplifier la dynamique autour de la vie étudiante.

Thèmes