La BAM, objectif 2014

19 juillet 2013

Thèmes : Culture, Urbanisme, Travaux


Le 17 juillet dernier, les acteurs du projet de la Boîte à Musiques ont fêté la fin des travaux de gros œuvre, c'est-à-dire la pose des principaux éléments en béton, dont les murs et le toit, lors de la traditionnelle cérémonie du « bouquet ».

La pose symbolique d’un sapin sur le toit du bâtiment était l’occasion de faire le point sur l’avancement du projet et d’en rappeler les enjeux urbains, en présence de Rudy Ricciotti. Interview de l'architecte et extraits de la conférence de presse.

Interview de Rudy Ricciotti, architecte : « J’aimerai tellement qu'ici à Metz, ce projet soit accepté, partagé, sentimentalisé aussi ».

Rudy Ricciotti vient de publier « L’architecture est un sport de combat » aux éditions Textuel.

Rudy Ricciotti : « La Ville a mis des moyens pour une vraie salle des musiques actuelles. Ce projet est une main tendue au quartier. »

Rudy Ricciotti souligne l’importance de la fin du gros œuvre et salue le travail des maçons : « une part assez irréversible d’un chantier ». Particulièrement dans ce bâtiment totalement en béton, où les tâches de ferraillage, de coffrage et de décoffrage se sont répétées durant plusieurs mois pour un résultat « définitif et monolytique ».

L’architecte parle de ce qui le fascine dans l’art de construire, tel qu’il le conçoit : « cette somme des savoirs, avec des gens qui ont de vrais noms, de vrais métiers ».

Rudy Ricciotti ne fait pas l’impasse sur la complexité de ce chantier et des difficultés rencontrées, puis surmontées, il y a quelques mois. Il a rendu un hommage appuyé à l’entreprise, Soludec : « On n’honore jamais les maçons ! Ingénieur et architecte certes, mais étant fils de maçon, je n’oublie pas d’où je viens. J’ai tout appris sur les chantiers et à vous, je dois tout ».

Evoquant la qualité du bâtiment, l’architecte indique que cette salle de concert est « dans la perspective des équipements de la Ville de Metz, c’est-à-dire de très très haut niveau » et que « la Ville (de Metz) a mis des moyens pour une vraie salle des musiques actuelles ». Selon le professionnel, elle aussi de très haut niveau d’un point de vue technique, tant pour la salle de diffusion que pour les studios de répétition, « particulièrement sophistiqués ».

Abordant les enjeux urbains du projet, le maître d’œuvre évoque, avec force, l’objet même de sa mission « dans ce quartier dit "en difficulté"  » : au travers de la fonction et de la forme de ce lieu, « effacer cette conscience de la difficulté, envoyer des messages positifs, des messages de porosité, finalement une main tendue, un peu de tendresse».

Rudy Ricciotti exprime enfin son souhait personnel que ce bâtiment reçoive « un arbitrage populaire sentimentalisé », qui serait, pour lui, la clef du succès de cette « courageuse intervention dans ce quartier ». Et l’architecte de rappeler un des objectifs de la loi SRU (loi du 13 décembre 2000 relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbains) qui veux que les investissements publics dans des équipements publics s’appliquent prioritairement dans les quartiers dit « en difficulté » et non dans les « beaux quartiers », selon ses propres termes.

Bernard Faivre d'Arcier, président de l’EPCC « Metz en Scènes » (cité par Jean-François Ramon) : 

« C’est un vrai défi que de souhaiter mêler les publics dans des lieux aussi divers qu’une grande salle dédiée à la musique classique, une ancienne chapelle ou une scène de musiques actuelles dernier cri. Mais c’est ce en quoi Metz, dans cette région aussi imprégnée de musique, tente un pari original qui, j’en suis sûr, deviendra une vraie référence dans notre pays ».

Jean-François Ramon, Directeur de l’EPCC « Metz en Scènes » : « Notre volonté est de faire circuler les publics ».

Jean-François Ramon souligne le bonheur d’avoir la perspective de travailler dans un tel bâtiment.

Il indique également l’impulsion et l’enthousiasme que suscitent, pour Metz en Scènes, cette concrétisation du projet qui se matérialise par fin du gros œuvre. Un important travail a été réalisé avec les services de la Ville, ainsi qu’avec l’équipe de Ricciotti, cette dernière ayant donné « le sentiment d’être à l'écoute jusque dans le moindre détail ». La quasi-totalité des suggestions exprimées ont été retenues à mesure de l’évolution du projet.

Le Directeur a abordé ensuite le projet artistique et culturel de la Boîte à Musiques et du pôle des musiques actuelles de Metz en Scènes, qui regroupe les Trinitaires et la BAM. Le projet complet peut être consulté sur le site Internet dédié : www.bam-metz.fr

La volonté de l’EPCC, avec la création de la BAM à Borny, en complément des salles du centre-ville, est de faire circuler les publics dans les différents lieux de musique présents à Metz, grâce à une programmation fédérée. Metz en Scènes propose déjà un programme de concerts et d’actions d’accompagnement en préfiguration de la BAM, consultable dans l’agenda des Trinitaires : www.lestrinitaires.com

Jean-François Ramon a conclu son propos en soulignant que peu de villes en région peuvent se targuer de disposer du niveau d’équipement et de l’ambition dans le domaine musical que proposera bientôt le trio Arsenal – Trinitaires – BAM.

Jacques Brauch, Directeur Général de Soludec : « Cet ouvrage aura été pour nous un défi majeur ».

Soludec, entreprise luxembourgeoise, dotée d’une filiale à Metz, a relevé le défi de construire la BAM. C’est un ouvrage compliqué, qui aura constitué pour l'entreprise, un défi technique majeur. Soludec a pu honorer la commande et répondre aux attentes de l’architecte, Rudy Ricciotti, qui est, selon Jacques Brauch, « un des grands architectes de France ». Soludec espère avoir satisfait aux exigences de qualité et a tout mis en œuvre pour y parvenir, « sans avoir tout à fait respecté les délais », reconnaissait le Directeur Général, espérant que ces quelques mois de retards ne seraient bientôt plus qu’un lointain souvenir et que seule resterait la fierté d’avoir construit ce bâtiment. Pour conclure, Jacques Brauch a remercie l’équipe de maîtrise d’œuvre, les équipes d’encadrement et les ouvriers pour le travail effectué.

Dominique Gros, Maire de Metz : « La BAM à Borny, c’est un choix pour la Ville ».

Le Maire a indiqué l’importance de se trouver pour cette cérémonie à Borny, un quartier de Metz qui subit, depuis quelques années, une mutation profonde et positive. Des espaces ont été libérés, se sont transformés en espaces verts, de jeux, de détente et d’agréments, des percements dans les bâtiments ont été réalisés, ainsi que de gros efforts dans les aménagements urbains.

Le Maire a rappelé également l’imminence du projet METTIS, accolé à la BAM et qui assurera sa connexion avec le centre-ville.

D’autres projets concernant la cour du Languedoc, la copropriété Bernadette, rue du Béarn, et les Tours du Limousin, sont soient en cours, soient en projet pour les prochains mois. Les quatre tours du Limousin, dans leur version rénovée, seront inaugurées le 21 septembre prochain et déjà « des gens redemandent à y habiter, la vacance diminue ».

« Le choix d’installer la BAM ici n’est pas un choix pour Borny, c’est un choix pour la Ville, en tant qu’ensemble global. Les habitants doivent bouger dans la ville. Il n’y a pas des quartiers et un centre, il y a une ville globale » a indiqué le Maire. De nombreuses occasions permettent d’aller dans tous les quartiers, souligne Dominique Gros, comme la Nuit Blanche, les 5 et 6 octobre prochains, tout au long du tracé de METTIS, et la BAM en sera un exemple particulier.

« C’est une merveille de voir ces percements aléatoires dont on n’a pas l’habitude. C’est très savant et c’est très beau. Ce sera beau la nuit à l’extérieur et beau le jour à l’intérieur, car la lumière va là où elle n’est pas, autour de ces murs qui sont comme des vitraux, qui nous parlent de ce qui se passe dehors lorsque nous sommes dedans » a commenté le Maire.

Le Maire a souligné la satisfaction d’avoir rencontré Ruddy Ricciotti, un « homme du midi », qui vient proposer une autre manière de construire à Metz et dont la présence sur ce projet constitue « un mariage réussi » entre deux cultures.

Dominique Gros a remercié l’ensemble des équipes travaillant sur ce projet, de l’élaboration de son cahier des charges jusqu’à sa réalisation concrète. Il a indiqué ensuite certains jalons temporels pour les prochaines années :

Pour conclure, le Maire a rappellé que les villes jouent aujourd’hui sur leur attractivité pour accroitre leur population. La Ville de Metz se dote actuellement de moyens supplémentaires pour augmenter son rayonnement, dont un des éléments fondamental, la culture. La collectivité disposera bientôt de tous les équipements nécessaires et son rayonnement sera, selon Dominique Gros, à la hauteur des espérances.

La BAM en quelques chiffres

Surface totale de l’équipement : 2 200 m² sur une parcelle de 3 000 m².

Surface ouverte au public : plus de 1 000 m² (salle de spectacles, billetterie, bar-café, infirmerie, sanitaires…).

Accompagnement des projets musicaux : 4 studios de répétition seront disponibles, dont un studio-scène permettant de travailler dans les conditions d'un concert.

Surface dédiée aux espaces de répétition : près de 700 m².

Capacité d’accueil du public pour les concerts : 1200 places debout ou 400 places assises dans la grande salle, 120 places pour les evènements organisés dans le studio-scène.

Publié par : Ville de Metz

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