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Conférences sur la biodiversité : la nature en ville



La Ville de Metz, en partenariat avec l’association MIRABEL-Lorraine nature environnement, propose un cycle de conférences autour du thème de la nature en ville.

 

Mardi 10 octobre 

Vous avez dit nature en ville ?

Par Marc Barra, écologue chargé de mission économie et biodiversité à NATUREPARIF.

Marc Barra dresse un panorama des raisons de s’intéresser à l’écologie urbaine au travers d’exemples concrets (services écologiques, biodiversité en ville, état de l’eau et des sols, ...).

  • Texte de Marc Barra

De nombreuses villes en France et à l'étranger s’engagent pour développer la « nature en ville », en réponse à l'urbanisation croissante. Verdir nos rues, nos bâtiments, développer les espaces verts, encourager une gestion plus écologique, renaturer les cours d’eau ou encore pratiquer l'agriculture urbaine : autant de démarches qui visent à reconnecter les villes et les citadins à la nature.
En plus d’améliorer le cadre de vie, ces « solutions fondées sur la nature » participent à réduire les effets du changement climatique, comme les risques d’inondation ou les périodes de canicules. Avec des solutions opérationnelles à toutes les échelles, en matière d’urbanisme, d’aménagement de l’espace public ou d’architecture, la biodiversité réinvente aujourd’hui les façon de faire et de penser la ville.
Cette conférence vise à mieux comprendre la place de la nature dans les villes, de découvrir les recherches en écologie urbaine et de passer en revue les solutions et les exemples de bonnes pratiques mises en œuvre par les collectivités.

 

Mardi 17 octobre 

Agriculture urbaine : de la permaculture à la biodiversité en ville

Table ronde animée par Anne-Hélène Despois (Institut européen d’écologie) avec Vincent Olry (Réseau de permaculture Lorraine), Maxime Paquin (France nature environnement) et Jacques Detemple, spécialiste en agroforesterie (Haies vives).

De plus en plus de citadins tentent de cultiver fruits et légumes en ville, ce qui entraîne une modification des villes et de leur biodiversité. Une table ronde d’acteurs du monde associatif vous propose un tour d’horizon de ces changements et pratiques.

  • Texte de Vincent Olry

« Le questionnement autour de la place de la nature en ville interroge nécessairement celle du rapport que nous entretenons avec la nature - chose extérieure à nous ou dont nous sommes partie intégrante et qui nous constitue ? - et des relations que nous tissons avec nos congénères.
La permaculture apporte un regard et une compréhension globales, holistiques sur la place et le rôle de l'Humain dans l'écosystème Terre. Basée sur trois piliers éthiques fondamentaux (Prendre soin de la Terre et des multiples formes de Vie qu'elle abrite - Prendre soin de l'Humain - Partager équitablement), elle est tout à la fois philosophie, mode et hygiène de vie, art, science de la « conception consciente de paysages qui miment les modèles et les relations observés dans la nature, visant à obtenir une production abondante de nourriture, de fibres textiles et d’énergie pour satisfaire les besoins locaux ».
Les gens, leurs habitats, ainsi que la façon dont ils s’organisent, sont au centre de la permaculture.

  • Texte de Maxime Paquin

La trame verte et bleue est une politique publique structurante. Elle permet préserver les continuités écologiques en assurant la fonctionnalité des milieux naturels ainsi que le cycle de vie, le déplacement et la capacité d’adaptation des espèces animales et végétales sauvages.

Ainsi, elle doit notamment préserver les réseaux de prairies bocagères, de forêts et de bosquets, de mares et de zones humides ou encore de chevelus des cours d’eau ainsi que la nature en ville. Elle vise aussi à restaurer les milieux dégradés.

Pour attendre cet objectif, la trame verte et bleue doit mettre en synergie les politiques sectorielles et les différents acteurs du territoire. L’agriculture constitue un enjeu important pour la trame verte et bleue. En effet, d’une part, il convient de maintenir les pratiques favorables aux continuités écologiques. De l’autre, il est nécessaire de définir en concertation les mesures à mettre en œuvre dans les espaces utilisés intensivement pour résoudre leurs effets « barrière ».

La sensibilisation de la population et la valorisation des pratiques participant à la logique de la trame verte et bleue s’inscrivent pleinement dans cette politique. 

  • Texte de Jacques Detemple

« Les bienfaits de l’arbre pour la biodiversité sont peu à peu compris par les humains. Mais la fonction sociale et agricole des arbres, pourtant cruciale, reste encore trop largement ignorée : épuration et régulation des eaux, bien-être et paysage, énergie renouvelable, séquestration du carbone, amélioration des sols, auxiliaires de culture, micro-climat, etc. Bref, l’arbre est nécessaire en ville et à la campagne. C’est un outil incontournable de l’aménagement de nos territoires ! »

 

Mardi 24 octobre

La nature en ville, exemples et propositions concrètes

Par Anne-Hélène Despois, directrice de l’Institut européen d’écologie au cloître des Récollets à Metz.

Au sein de la région Grand Est, des exemples concrets de terrain, réussis ou en cours, de naturalisation en ville. Gravières ou toits végétalisés pour la préservation voire le développement de la biodiversité, la diminution de l’effet de serre et des îlots de chaleur, et le mieux-être de la société civile.

  • Texte de Marie-Hélène Despois

La nature en ville et en milieu périurbain

Pendant longtemps, la ville s’est développée en faisant abstraction de la nature, car, comme le privilégiait la tradition hygiéniste du XIX° siècle, celle-ci était uniquement considérée comme un élément du mobilier urbain.

Cette tendance s’est accrue avec le développement de la population citadine, au point que la ville continue à s’étendre au détriment de la nature avec l’expansion périurbaine.  Toutefois, on constate aujourd’hui une prise de conscience née du déclin de la biodiversité, situation qui se traduit désormais par des actions spécifiques pour mieux l’intégrer dans l’habitat urbain.

La réglementation, comme la compensation écologique, le contexte institutionnel actuel mais aussi la réalité du changement climatique favorisent les demandes d’expertises écologiques le plus en amont des projets infrastructurels.

Cette évolution est notamment matérialisée par les efforts engagés pour la réhabilitation, au profit de la nature, de secteurs industriels périurbains encore en activité voire de friches.

C’est par exemple le cas de sites de carrières de matériaux extraits en fond de vallée ou en roche dure.

À ce type d’initiatives s’ajoute la recherche d’un urbanisme à biodiversité positive : on commence à réaliser que la présence de la nature permet d’épurer l’air, d’absorber une partie du flot des inondations, de servir d’espace de récréation et de loisirs, d’avoir une source d’alimentation etc…

Bref, une orientation qui peut et doit contribuer à l’émergence d’une ville renaturée.   

Pour la comprendre, deux approches :

  • Exemples de réhabilitations de zones dégradées permettent ainsi un retour de la faune et flore en amont de la ville afin de limiter les conséquences des risques majeurs, inondations ou crues éclairs.
    • Intervenant : Pascal Tanneur
  • Phytoremédiation, et quelques éclairages sur des projets de bio indication  de la pollution de l’air
    • Intervenant : Mathias Baggard, enseignant chercheur en écologie & sciences de l’environnement 

 

Mercredi 8 novembre

L'arbre dans la ville : une présence nécessaire pour l'homme

Par Luc Chrétien, chef de la division Environnement du Département aménagement et développement Durable du CEREMA à Metz.

En ville, l’arbre peut jouer de nombreux rôles : régulation du climat local, capteur de pollution, biodiversité, esthétique paysagère... Il constitue un véritable outil au service des territoires, mais dont les services sont parfois méconnus.

  • Texte de Luc Chrétien

« Arbres et arbustes sont tout autour de nous en ville, mais les voyons-nous encore ? Les identifions-nous comme autre chose qu'un élément de décor ou un mobilier urbain ?
Les avancées scientifiques permettent désormais de mieux comprendre à quel point le destin de l'Homme et celui de l'arbre s'interpénètrent. L’arbre est notre ami, il nous rend des services que souvent même nous ignorons : on parle de services écosystémiques.
L'arbre nous fournit de l'oxygène, certes, mais savons-nous qu'il contribue également à limiter de nombreux polluants ? Il joue par ailleurs un rôle non négligeable dans la fixation des particules fines.
L'arbre est également en lui-même un milieu de vie. En ville, il est le lieu d'expression privilégié de la biodiversité. Ses racines, son écorce, ses fleurs, ses fruits et ses feuilles abritent une faune et une flore d'une étonnante diversité. Ses défauts même (décollements d'écorce, trous, creux, bois mort) constituent des habitats naturels.
L'arbre nous aide à réguler le climat. De manière globale, en participant massivement au stockage de gaz à effet de serre. Plus localement, par son ombrage et sa biochimie, il peut fortement contribuer à réduire les îlots de chaleur.
Il intervient dans notre cadre de vie, bien au-delà de son rôle évident d'élément de décor, comme une limite ou un passage, une porte, un filtre ou un rideau, mais aussi comme marqueur culturel, comme élément d'identité.
La liste presque sans fin de ses bienfaits passe par la régulation du régime des eaux, l’atténuation des sons, ou encore l’atténuation du stress.
Dans cette relation, entre le végétal et l’Homme, qui a vraiment besoin de l’autre ? ».

 

Mardi 14 novembre

Un arbre tout neuf

Par Francis Hallé, professeur émérite de botanique à l’Université de Montpellier et auteur de nombreux livres.

Francis Hallé présente cette vision nouvelle de l’arbre, singulière et surprenante, qui en elle-même appelle à une modification profonde de notre relation à la nature.

  • Texte de Francis Hallé

Après 50 ans de découvertes, les arbres ne sont plus comme les voyaient nos grands-parents ; d’où mon titre « Un arbre tout neuf ».
Une réussite biologique ; un effectif de 70 000 espèces, augmentant chaque année par la découverte d’espèces nouvelles. Les forêts tropicales abritent les formes arborescentes ancestrales des herbes d’Europe : pervenches, myosotis, et pâquerettes. Les êtres vivants les plus grands et ceux qui vivent le plus longtemps sont et ont toujours été des arbres, les records actuels étant de 130 mètres et de 43 000 ans. Arbres et forêts existent depuis le Dévonien (350 millions d’années), alors que l’Homme n’a que 150 mille ans.
C’est un contresens de tailler les arbres en ville pour éviter que, trop grands, ils ne deviennent dangereux, car c’est de tailler les arbres qui les rend dangereux, en ouvrant la porte aux pathogènes. Y a-t-il une différence entre tailler la branche d’un arbre et couper la patte d’un chien ?
Lorsque l’on plante des arbres urbains en leur laissant la place dont ils auront besoin dans l’avenir, les tailler est inutile. En arboriculture fruitière, tailler est nécessaire pour obtenir des fruits abondants, mais c’est à notre avantage : l’arbre lui-même n’a nul besoin d’être taillé.
L’homme est le seul ennemi de l’arbre ; un paradoxe puisque nos ancêtres étaient arboricoles, comme Darwin l’avait compris.
L’arbre a des sensibilités inattendues, à l’attraction lunaire et aux variations du champ magnétique terrestre ; en revanche il aurait une forte résilience à la radioactivité. Les arbres communiquent entre eux par voie aérienne, de même qu’ils communiquent avec les animaux et même avec l’atmosphère. Ils ont des « feuilles souterraines » et communiquent entre eux dans le sol grâce aux champignons symbiotes.
La forme 3D d’un arbre est contrôlée par ses gènes ; dans la cime de vieux arbres coexistent des variants du génome. Des gènes peuvent passer d’un arbre à l’autre par des voies non sexuelles : ces « transferts horizontaux » entraîneraient des convergences de formes entre espèces différentes.
Les arbres épurent l’air que nous respirons et peuvent induire une sensation d’euphorie. Jouant un rôle dans notre santé, ils sont capables de diminuer les violences urbaines, d’accroître le lien social et de réduire l’exclusion.
Les arbres le long des routes ? Les conclusions sont surprenantes.
Eloge du vieil arbre : plus il est grand, mieux il remplit ses fonctions écologiques. « Place aux jeunes » est valable pour nos sociétés : l’appliquer aux arbres est absurde.
Grâce aux arbres, nous renouons avec le temps long, l’altérité et la non-violence invincible de Gandhi ; ils ouvrent sur l’esthétique, l’art, la poésie, la spiritualité et les religions. Beaux, utiles, sobres, autonomes, discrets et non-violents, ils sont nos meilleurs alliés contre les perturbations écologiques et les meilleurs antidotes contre les contraintes de la vie moderne : fric, frime, vitesse, béton, bitume, bagnoles. Nous ferions bien de nous inspirer des arbres.

Quand

Du mardi 10 octobre au mardi 14 novembre

Cloître des Récollets

Metz

Infos

Entrée libre

Tarifs

Gratuit

Organisateur

Mirabel - LNE