Au royaume des jeux d'enfants

16 novembre 2016

Thèmes : Solidarité, Petite enfance


Pour un abonnement modique et accompagnés d’un adulte, les tout petits peuvent s’adonner à leurs premiers loisirs, découvrir une activité artistique, s’éveiller à la création... Reportage et témoignages dans les ludothèques messines.

Article paru dans Metz Mag #73 de novembre-décembre 2016

Cet après-midi d’octobre, comme à peu près tous les mercredis, Élodie emmène ses deux enfants aujourd’hui accompagnées de deux de leurs cousines à la ludothèque de la maison de l’Amphithéâtre, entre la gare et le centre Pompidou-Metz.  Voici cette joyeuse escouade au milieu des balles, des toboggans et autres structures de toutes les formes et de toutes les couleurs, un espace surnommé la jungle, l’une des huit salles réparties sur deux des quatre niveaux de ce lieu inauguré à l’été 2014 dont les deux autres étages sont occupés par une crèche. « J’adore le concept, s’enthousiasme Élodie. Il y a de la place, et des jeux que l’on n’a pas à la maison. Nous profitons aussi de la location des jeux de société, à un tarif dérisoire quand on connaît leur prix. En plus, ça permet de varier ! »

Juste à côté, Mehdi a tout un studio pour lui tout seul, ou presque ! Le studio, c’est le nom donné à cette grande pièce où instruments de musique en tous genres et jeux de construction sont à sa disposition. « Là, il est plus dans sa phase jeux de construction, constate Catherine, la maman. Nous venons ici une fois par semaine, c’est moins qu’avant, parce que Mehdi a maintenant 6 ans, un âge où il découvre d’autres activités. D’ailleurs, là, on ne va pas tarder à partir pour aller au judo ! » Femme et enfant effectueront juste un passage par la salle des jeux de société. Pratique : « Il existe tellement de jeux différents qu’on ne peut pas tous les avoir à la maison ! Du coup, nous en empruntons. »

« Éveil artistique »

En deux ans, la maison de l’Amphithéâtre a trouvé son public : 7 000 passages d’enfants sur les six premiers mois d’activité, au second semestre 2014, puis 19 500 sur l’année 2015, une tendance exponentielle que 2016 est en passe de confirmer ! « L’effet de la nouveauté et de la modernité, c’est indéniable, mais pas seulement, analyse Céline Spiquel, la directrice. Le lieu attire pour son aménagement, mais aussi pour ce que nous y proposons : les jeux, les ateliers, tout un programme d’animations, le travail des médiateurs culturels et le professionnalisme des éducatrices spécialisées dans la petite enfance. Nous sommes là aussi pour accompagner les parents, leur donner des pistes s’ils nous sollicitent. »

« Dans la vie, rien n’est à craindre, tout est à comprendre », proclame une affiche citant Marie Curie à l’entrée du labo des sciences, où il est aussi bien question d’arbres, de planètes, de corps humain, d’insectes…  Athena, que sa mamie venue du Sablon en voisine accompagne ici pour la première fois, semble ne plus savoir où donner de la tête. Pour l’instant, elle est plongée dans un jeu des 7 familles réalisé sur place, avec des enfants et des parents déguisés, un jour de fête. Plus loin, l’attend l’atelier d’art plastique ou, à l’autre bout du couloir, la salle snoezelen, sorte de salle de relaxation et de stimulation sensorielle qui offre une autre façon de jouer, comme une pause au milieu d’un parcours à coloration très artistique. « Nous sommes une ludothèque d’éveil artistique et culturel, c’est d’ailleurs pourquoi nous proposons régulièrement des activités en partenariat avec le centre Pompidou-Metz, l’Orchestre national de Lorraine ou des artistes locaux. En fait, nous sommes au croisement du ludique, du culturel, du social, de l’intergénérationnel, de tout plein de choses », résume Céline Spiquel.

« Très convivial »

Autre lieu, autre décor, mais même volonté d’éveil et d’accompagnement : nous voici à la ludothèque de la maison de la Petite enfance, rue du Wad-Billy. En bas, trois salles en enfilade pour des jeux d’exercices sensoriels et moteurs ; un patio, une rareté appréciable en plein quartier Outre-Seille, avec sol souple, wagon et locomotive ; à l’étage, jeux d’imitation, jeux de rôle, jeux d’assemblages, jeux de société, une pièce pour la cuisine et le bricolage : si la maison de l’Amphithéâtre s’adresse aux enfants jusqu’à 10 ans, ici les bambins sont acceptés jusqu’à la veille de leurs 7 ans.

Jean, 2 ans et 2 mois, s’amuse à même le sol d’une pièce où le sable imite fidèlement celui de la plage, mais dont la texture rappelle la pâte à modeler. « On peut facilement passer d’une salle à l’autre, d’une activité à l’autre, c’est très convivial », précise sa maman, Héloïse, qui vient ici depuis les 10 mois de son fils. Mère au foyer, elle dit selon les saisons venir jusqu’à trois fois par semaine, « deux heures environ, voire trois heures parfois ! », « plus les animations pour lesquelles j’inscris Jean dès que possible. » « Je suis fan, ajoute-t-elle, parce qu’il y a toutes sortes d’activités dès le plus jeune âge, et parce que ça lui permet de  côtoyer d’autres enfants. »

Les 280 mètres carrés de l’établissement sont organisés non pas en fonction de l’âge des enfants, mais de leur potentiel moteur et sensoriel, et ce système porte un nom, du moins un acronyme : Esar. E pour jeux d’exercices (toupies, boîtes à formes…) ; S pour jeux symboliques (faire semblant, jouer des rôles, créer des personnages, dessiner…) ; A pour jeux d’assemblage (Kaplas, Légo…) ; R pour jeux de règles (à respecter, comme dans le jeu de l’oie…). « Puisqu’un enfant doit être accompagné d’un adulte, nous recevons un public varié et cela contribue à la richesse du lieu, décrit Christelle Poinsignon, la directrice : parents, grands-parents, assistantes maternelles, mais aussi des groupes venus d’une école maternelle, d’un organisme de soins, d’un organisme social… La fréquentation est en progression, malgré l’ouverture de la maison de l’Amphithéâtre, preuve d’une véritable complémentarité entre nos deux sites. » 14 200 enfants ont franchi les portes de la maison de la Petite enfance, en 2015, année du « nouveau souffle », comme l’explique la directrice : d’importants travaux de rénovation avaient alors été réalisés dans ce qui s’apparente en effet au royaume de l’éternelle jeunesse.

Pratique 

Publié par : Ville de Metz

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