La saison des jardins

15 mars 2017

Thèmes : Culture, Loisirs, Evénements, Tourisme, Espaces verts, A l'agenda


Exposition-événement au centre Pompidou-Metz, festivités des 150 ans du jardin botanique : l’art a rendez-vous avec la nature. Metz, collection printemps-été 2017…

Article paru dans Metz Mag n°75 de mars à mai 2017

« Il faut cultiver notre jardin », comme Voltaire le faisait dire à Candide, au XVIIIe siècle. Il faut cultiver notre jardin et, plus de deux siècles et demi plus tard, Metz applique à la lettre et à plus d’un titre le précepte du philosophe. Metz ville-jardin est une cause entendue, pour la place qu’y occupent les espaces verts bien sûr, mais aussi pour tout ce qui est mis en œuvre afin de favoriser l’introduction de la nature en ville. Ce penchant affirmé pour l’écologie urbaine, entretenu avec une constance et une volonté sans faille, ne date pas d’hier : le jardin botanique fête ainsi, cette année, son 150e anniversaire ! Et voilà que ce goût du jardin se niche jusque dans les galeries du phare culturel de la métropole messine : du 18 mars au 28 août, le centre Pompidou-Metz créé l’événement avec l’exposition Jardin infini, de Giverny à l’Amazonie.

Occupant deux des trois galeries, cette exposition investit également le forum, très visiblement, avec une sculpture monumentale d’Ernesto Neto élargissant le sujet jusqu’à évoquer l’Amazonie : dix ans après avoir été déployée au Panthéon, à Paris, cette œuvre donne d’ailleurs à Jardin infini l’illustration de son affiche, et une partie de son sous-titre. L’exposition s’évade aussi jusqu’au quai des Régates, où Peter Hutchinson installera son œuvre Thrown Ropes : un tracé de plates-bandes sinueuses et aléatoires, planté de fleurs et de pierres. Les jardins dans l’art, l’art dans les jardins…

La fascination des artistes

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que ce lien littéralement naturel s’opère : conçue pour promouvoir l’art contemporain auprès des Messins et des visiteurs, la manifestation l’Art dans les jardins a justement pour origine l’ouverture, en 2010, du premier établissement culturel public national alors décentralisé en province. Sept printemps plus tard, outre l’installation de Peter Hutchinson, le centre Pompidou-Metz propose deux autres jardins d’artistes, plantés à même son parvis s’agissant du Garden de Loïs Weinberger (des centaines de pots remplis de terre, ensemencés au gré du vent et au bon vouloir des insectes et des oiseaux), ou à l’arrière du bâtiment, dans le « triangle Nord » pour François Martig qui proposera un jardin composé de plantes dites obsidionales, c’est-à-dire introduites en Lorraine à l’occasion, par exemple, des mouvements de troupes ennemies ou alliées. La Ville de Metz et ses partenaires complèteront cette nouvelle édition de l’Art dans les jardins en accueillant, au jardin botanique, les flèches d’amour et les cœurs virevoltants de Marie-Hélène Richard.

Dans les galeries du centre Pompidou-Metz, Jardin infini montrera l’inaltérable fascination des artistes pour les plantes, grâce à des œuvres essentiellement contemporaines rappelant une forme de filiation avec les jardins des impressionnistes. Ainsi, les Nymphéas Trnsplant de Pierre Huyghe permettront d’évoquer comment Claude Monet opérait en véritable orfèvre vert pour composer son fameux jardin de Giverny. « Les artistes de cette exposition ont eux-mêmes cultivé un jardin comme une œuvre d’art, ou l’ont composé comme un modèle pour leur œuvre », confirme Hélène Meisel, chargée de recherches et d’expositions au centre Pompidou-Metz, et commissaire de Jardin infini avec Emma Lavigne, directrice. « Ils conçoivent le jardin comme un laboratoire des métamorphoses, passionnés qu’ils sont par tout ce qui relève des processus. »

Les jardiniers au musée

Certaines œuvres absolument vivantes dans deux des trois galeries pendant plus de 5 mois nécessitant préparation, mise en place et entretien, les concepteurs de Jardin infini se sont tournés vers les mains vertes des services municipaux : « Nous bénéficions non seulement des conseils avisés, mais aussi du concours direct des jardiniers de la Ville ! Une équipe formidable, au sein du service Parcs et jardins comme au centre horticole, et une collaboration vraiment passionnante », s’enthousiasme Hélène Meisel. Un exemple supplémentaire de l’ancrage du centre Pompidou-Metz dans son environnement, « un foyer vert prédestiné à présenter une telle exposition », ajoute-t-elle.

Tous au jardin botanique !

À la prédestination, s’ajoute donc l’opportunité : 2017 est aussi l’année du 150e anniversaire du jardin botanique, et de nombreuses animations promettent de faire profiter de cet événement à un large public. Concerts, lectures de contes, exposition sur les plantes carnivores, visites guidées notamment dans les serres bientôt rénovées, déambulations musicales, ateliers avec des élèves d’écoles maternelles et primaires, spectacles, créations gourmandes ponctueront le week-end inaugural de ce 150e anniversaire, du 1er au 4 juin. En écho, l’Esplanade accueillera à la même date une exposition exceptionnelle de l’architecte utopiste belge Luc Shuiten, qui proposera un panorama de Metz, « cité végétale, en l’an 2150 » ! Une conférence rassemblant de grands noms de la botanique sera également organisée à l’opéra-théâtre, le 3 juin. Le titre tombe sous le sens : « Metz, la ville jardin ». 

 

Pratique

Jardin infini

L’art dans les jardins

Les 150 ans du jardin botanique

Publié par : Ville de Metz

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