3 questions à Paul Watson
3 questions à Paul Watson
6 mai 2026
Officier de marine et militant écologiste, fondateur du mouvement de défense de l'océan Sea Shepherd et figure emblématique de la lutte contre la chasse à la baleine, Paul Watson est de passage à Metz le 31 mai, dans le cadre des Entretiens de la biodiversité. Il sera accompagné de Lamya Essemlali, co-fondatrice et présidente de Sea Shepherd France, association qui oeuvre pour la conservation de la faune et de la flore marines.
Metz Magazine : En tant qu'invités d'honneur des Entretiens de la biodiversité à Metz, vous donnerez une conférence le 31 mai à l'Arsenal Jean-Marie Rausch. Quels sujets allez-vous aborder ?
Paul Watson : Je parlerai de la nécessité d'agir pour protéger, défendre la biodiversité et mettre fin à de nombreuses activités illégales. J'aborderai également les questions relatives au changement climatique et la nécessité pour les jeunes d'être optimistes quant à leur capacité à le monde pour le mieux.
Metz Magazine : Durant vos 149 jours d'incarcération au Groenland en 2024, à la suite d'un mandat d'arrêt international émis par le Japon, l'Institut européen d'écologie de Metz a soutenu votre action et votre demande de libération. Comment avez-vous vécu cette détention et qu'avez-vous retenu de cette expérience ?
Paul Watson : Cela a été l'occasion de continuer à attirer l'attention internationale sur les opérations de chasse à la baleine illégales du Japon. Le Danemark n'a pas fait preuve de beaucoup de sagesse en coopérant avec le Japon pour me détenir en vue d'une éventuelle extradition, car cela nous a également donné l'occasion d'attirer l'attention internationale sur le massacre continu des globicéphales et de dauphins dans les îles Féroé danoises. Dans l'ensemble, les 5 mois que j'ai passés dans la prison de Nuuk, au Groenland, ont été en réalité 5 mois de campagne couronnés de succès. Cette incarcération a considérablement contribué à révéler la vérité sur la notice rouge d'Interpol, ce qui a conduit Interpol à la retirer à mon encontre au motif qu'elle était motivée par les considérations politiques.
Metz Magazine : L'état de la Terre, de la mer, de la biodiversité et de notre environnement ne cesse de se dégrader, et le pire est à venir, quel message souhaitez-vous faire passer ?
Paul Watson : Nous avons la responsabilité et l'obligation de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger la biodiversité et nos océans. Comme je l'ai dit à maintes reprises, si l'océan meurt, nous mourons. Depuis 1950, on a constaté une diminution de 40 % du phytoplancton dans la mer, alors que celui-ci fournit 70 % de l'oxygène que nous respirons et séquestre d'énormes quantité de CO₂. Si le phytoplancton disparaît de la mer, nous mourons, c'est aussi simple que cela. Nous avons besoin des poissons. Nous avons besoin des baleines bet des oiseaux marins. Nous avons besoin de la végétation aquatique. Tout cela constitue le fondement de notre capacité à vivre sur cette planète. Etre défenseur de la conservation marine, c'est avant tout assumer la responsabilité de notre avenir et de la sécurité de nos enfants et des enfants de nos enfants.