Desvallières, un cœur et un poumon pour Devant-les-Ponts

6 mars 2018

À Devant-les-Ponts, tomberont bientôt les hauts murs qui, depuis 150 ans, ceinturent la caserne Desvallières. 330 logements verront le jour, permettant à cet ancien site militaire de s’ouvrir en grand sur le quartier. Un programme urbain d’envergure, nouvel exemple d’une ville qui continue à se reconstruire sur elle-même.

Hier

Héritage de l’annexion de 1871, érigée par les Allemands en lieu et place d’un château, la caserne alors appelée Dragonner Kazerne a servi, jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale et le retour de Metz à la France, d’école militaire et de régiment de cavalerie, comptant alors jusqu’à 675 hommes et 740 chevaux. Elle a pris le nom de Desvallières en 1918, en souvenir d’un général tué au combat. Des régiments d’infanterie et des centres d’instruction ont occupé les lieux après la Seconde Guerre mondiale et jusqu’à l’installation du 4e régiment de Hussards, de 1992 à 2000. Après avoir un temps servi de centre de rétention administrative, le site a été libéré par l’État en 2009.

La Ville l’a acquis pour 2 millions d’euros et, fin 2016, approuvant le bilan d’une concertation menée avec le comité de quartier, le conseil municipal a acté la création d’une zone d’aménagement concerté (ZAC).

 

Aujourd’hui

Survivance de l’ancien temps, de hauts murs enserrent ces 6 hectares situés entre la route de Lorry et la rue de la Ronde, affligeant le secteur d’une certaine laideur et constituant un obstacle infranchissable qui prive Devant-les-Ponts de toutes les caractéristiques d’un quartier-village. À l’articulation du centre-ville d’un côté, de Metz Nord – La Patrotte et des communes de la rive  gauche de la Moselle (le Ban Saint-Martin, Plappeville, Lorry-lès-Metz et Woippy) de l’autre, la reconquête de l’ancienne caserne présente une opportunité unique de développement pour Devant-les-Ponts.

Restait à définir précisément le projet de reconversion de ce site. Bien plus qu’un simple programme immobilier, ce qui a été présenté fin janvier en conseil municipal relève d’un vaste programme urbain offrant à tout le quartier de Devant-les-Ponts une ouverture réelle sur la ville et des possibilités nouvelles de développement. Ainsi, le projet ne se contente pas de valoriser le patrimoine bâti et le cadre paysager jusqu’ici dissimulés derrière le mur d’enceinte. Il créé une véritable centralité pour le quartier, tout en permettant un renouvellement important de l’offre de logements et en créant de nouveaux équipements commerciaux.

Le projet par la carte
1A – Icade (62 logements neufs) ; 1B – Bouygues (71 logements neufs) ; 1C – Bouygues (9 pavillons neufs avec conservation de la façade existante côté allée des Platanes) ; 1D – Icade (15 logements neufs avec conservation de la façade existante côté allée des Platanes) ; 2 – Bâtiment militaire à réhabiliter - projet en cours de définition ; 3 – De 10 à 20 logements neufs – projet en cours de définition ; 4Aet 4B – Batigère (une centaine de logements sociaux) ; 4C – bâtiment existant déconstruit au niveau de sa partie centrale pour l'aménagement d'un passage public ; 5A – Supermarché Match (construction neuve avec conservation de la façade existante côté allée des Platanes) ; 5B – Parking Match de plus de 200 places ; 6 – Match et partenaire : réhabilitation d'un bâtiment militaire en vue de la création de cellules commerciales sur une surface de 800 m² environ ; 7 – Construction neuve (projet en cours) ; 8 – Novemia (6 pavillons neufs) ; 9 – SCCV Desvallières RDL (construction neuve de 200 m² surface commerciale en RDC + 8 logements) ; 10 – Réhabilitation partielle du bâtiment militaire (projet en cours de définition).
@ Document SIG - Metz Métropole

 

Demain

Faire d’une ancienne emprise militaire un emplacement stratégique, au centre de gravité de Devant-les-Ponts et le long d’une axe de circulation majeur, en l’occurrence la route de Lorry : c’est ce que propose le projet Desvallières et c’est ce que le conseil municipal vient d’entériner.  De nouvelles voies de circulation faciliteront ainsi la traversée est-ouest du secteur, jusqu’ici peu aisée entre les longues artères qui relient le Nord-Ouest de la métropole au centre-ville et à l’autoroute. Des zones apaisées (20 et 30 km/h), un nouveau carrefour giratoire et deux liaisons transversales réservées aux piétons et aux cyclistes complèteront ces aménagements de voirie dont les travaux pourraient débuter avant la fin de l’année.

Cinq promoteurs s’engagent dans un programme immobilier d’envergure, puisque 330 logements seront aménagés, dont au moins 25 % de l’offre en logements locatifs sociaux, sur une surface totale de 30 000 mètres carrés, et des commerces et bureaux sur 5 000 mètres carrés :

  • Bouygues et Icade pour la partie de logements neufs au nord (150 logements)
  • Batigère pour la rénovation du bâtiment principal (100 logements sociaux)
  • Novemia pour un ensemble de 5 maisons écologiques au sud
  • SCCV Desvallières pour un programme mixte de 8 logements et de 3 cellules commerciales à l’angle de la rue Nicolas Jung et de la route de Lorry

Quant au groupe Match, il implantera un supermarché à l’emplacement de la place d’Armes et des commerces complémentaires dans les anciennes écuries.

Enfin, le projet intègre la mise en valeur de deux espaces végétaux existants et remarquables. L’allée de platanes balisera l’une des deux traversées douces et s’achèvera sur une placette aménagée en concertation avec les habitants. Un espace boisé contigu à la rue de la Ronde sera quant à lui sanctuarisé sous la forme d’un square bénéficiant d’un aménagement minimal au sol ; il est notamment constitué du pin noir le plus remarquable recensé sur le territoire messin et d’un chêne parmi les plus beaux de Metz.

 

576 000

D’une ampleur exceptionnelle, l’opération Desvallières s’élève à un peu plus de 6 millions d’euros. Une somme majoritairement couverte par la revente des terrains aux investisseurs pour 5,2 millions d’euros et par différentes subventions (à hauteur de 344 000 euros). La participation financière de la Ville de Metz s’élève donc à 576 000 euros, un investissement qui s’avère raisonnable au regard des enjeux, notamment en termes de revitalisation démographique, d’encouragement à un urbanisme durable et de dynamisation économique.

Friches

La transformation de la caserne Desvallières est un nouvel exemple d’une ville qui se reconstruit sur elle-même : il s’agit ici de friches militaires laissant place à un programme immobilier. Au cours des dernières années, des friches industrielles (la Manufacture des Tabacs), ferroviaires (l’Amphithéâtre, notamment Muse) ou hospitalières (Bon Secours devenu Cœur impérial, la maternité Sainte-Croix devenue les résidences Morlanne) ont connu la même mutation.

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